1) BLANC
SIGNIFICATION DU BLANC
Le blanc, une couleur pas comme les autres
Le blanc est souvent décrit comme la synthèse de l’ensemble des couleurs du cercle chromatique, réunissant toutes les nuances du spectre visible. En réalité, la nature de ce dernier est autre : il s’agit d’une nuance, au même titre que la couleur noire. L’œil humain capte les longueurs d’ondes spécifiques que renvoient les différents objets qu’il regarde. Il interprète ainsi des couleurs spécifiques, en fonction des longueurs d’ondes de lumière qu’absorbent ou non les objets regardés. Si ces objets renvoient vers vous l’intégralité ou presque de la lumière qu’ils captent, ils vous apparaissent de couleur blanche.
Lorsque la lumière blanche traverse un prisme, elle se décompose en différentes nuances du spectre lumineux et rend visible les couleurs du cercle chromatique, du rouge au violet. Connu depuis le Xème siècle, ce principe physique pour le moins esthétique a été rendu célèbre par la pochette de l’album Dark Side of The Moon, de Pink Floyd, légendaire groupe de rock britannique. Il est donc important d’apporter ici une distinction entre la couleur blanche de la lumière, qui caractérise les propriétés physiques d’un corps qui diffuse de façon homogène et sans absorption toutes les radiations visibles qu’il reçoit ; et le blanc de la matière, une teinte colorée que l’on obtient en mélangeant les couleurs du cercle chromatique.
À travers un prisme, la couleur blanche révèle sa richesse colorimétrique.
Fait amusant, la vue de la couleur blanche n’a à priori aucun impact sur notre organisme ou notre perception. Elle n’adoucit ou ne vivifie pas particulièrement notre comportement. Pas étonnant donc qu’elle soit assimilée à une relative neutralité, support en puissance de la créativité et des couleurs qui viendront le révéler, à l’instar de la page blanche sur laquelle tout reste à écrire. Cette particularité est sans doute l’une des raisons pour laquelle la couleur blanche est omniprésente dans notre civilisation, tant il est difficile de s’en lasser.
Cependant, une contrepartie à ce caractère passe-partout existe : à trop côtoyer des environnements achromatiques (c’est-à-dire sans teinte), on finit par manquer de stimulation. Le comportement humain a tendance à fluctuer plus ou moins consciemment en fonction des couleurs auxquelles on l’expose. Ainsi, l’omniprésence de la couleur blanche sur les murs de l’environnement professionnel aurait un impact sur le taux d’absentéisme et la fatigue des salariés.
La couleur blanche, une couleur neutre.
La signification de la couleur blanche.
D’un point de vue scientifique, la couleur blanche est une omniprésence de lumière. Il est donc logique de l’associer en premier lieu à cette clarté qui rend les objets visibles. Le rayonnement du soleil à son zénith, l’éclairage vif d’une ampoule, l’intensité des phares d’une voiture sont autant de sources de blancheur, qui illuminent le monde qui nous entoure. Cette association naturelle à la lumière fait de la couleur blanche un symbole de spiritualité, notamment arboré par les corps religieux. Un héritage spirituel qui se transmettra à travers les plus hautes sphères dirigeantes puisque le blanc a longtemps été, en France, la couleur de la monarchie de droit divin. Dès la fin du XVIème siècle, le roi qui se rend sur le champ de bataille arbore systématiquement un drapeau de couleur blanche.
La couleur blanche est très fortement associée à la spiritualité, la paix, la monarchie, le luxe, la robe de marié, l’hygiène, le médical, la propreté, la perfection, l’excellence, la fidélité, l’authenticité, l’innocence, la simplicité, la page blanche, la sagesse, l’expérience, la vieillesse, le deuil en Asie
En lien avec son caractère lumineux, la couleur blanche renvoie également à la transparence, à ce qui ne peut se cacher. Elle est un gage de fidélité et d’authenticité que l’on retrouve sur la traditionnelle robe de mariée. Elle est également la couleur de la paix de la blanche colombe et du drapeau blanc. Le blanc est utilisé en communication pour transmettre de la compassion, mais aussi l’esthétisme, la perfection, l’excellence. Les variations de la couleur blanche sont donc fréquemment utilisées au sein des grandes enseignes du luxe et reviennent souvent dans les contenus graphiques des marques de technologie et autres domaines associés au savoir-faire technique.
La couleur blanche est omniprésente dans l’univers de l’hygiène et du médical. De la faïence de nos salles de bains aux blouses du personnel hospitalier, en passant par notre réfrigérateur, le blanc est omniprésent lorsqu’il s’agit de propreté. Sa capacité à réfléchir les couleurs lui permet de révéler facilement la présence d’impuretés, d’où sa présence dans des environnements aseptisés ou des lieux devant être tenus propres.
L’utilisation de la couleur blanche est très présente dans le domaine de l’hygiène.
La couleur blanche est paradoxale et peut aussi bien signifier le vide que la promesse d’un remplissage. Elle est la couleur du possible, la page blanche sur laquelle l’histoire s’écrit. C’est pourquoi elle est souvent assimilée à l’innocence, à la simplicité. Mais le blanc est également la couleur de l’absence, du dépouillement, de l’inexistant et de l’immatériel. Le vide visuel que provoque la couleur blanche lorsqu’elle est utilisée seule peut parfois devenir oppressant, restez vigilants à ne pas en abuser. Pour trouver quelles teintes de blanc correspondent à votre design graphique, il peut être intéressant d’en apprendre davantage sur la psychologie des couleurs, qui explique comment certaines couleurs affectent le comportement ou l’humeur humaine.
La couleur blanche est également un symbole de sagesse et de connaissance. La toge, devenue l’un des emblèmes de la philosophie, est dans la Rome antique l’habit du penseur, mais aussi celui de la magistrature civile. Mais le blanc est surtout de façon très naturelle la couleur du vieillissement, de l’ancienneté. On le retrouve dans le blanchissement des cheveux des personnes âgées, dans les nuances ternes de peintures que le temps a estompées. La couleur blanche est également la couleur du deuil dans de nombreuses cultures, en Asie notamment. Elle revêt souvent une dimension intemporelle et renvoie à la notion d’immuabilité, de permanence.
La sagesse et l’expérience sont souvent associées à la couleur blanche.
La couleur blanche, un aimant chromatique.
La couleur blanche a pour propriété physique de diffuser les couleurs auxquelles elle est exposée. Achromatique, il réfléchit l’ensemble des longueurs d’ondes visibles que la lumière contient. Appliqué sur la surface d’un objet, il prendra donc la couleur de la source de lumière qui l’éclaire. C’est pourquoi les écrans de cinéma sont composés de grandes toiles blanches.
La couleur blanche est l’un des marqueurs du design contemporain. Très prisée pour son caractère lisse, graphique et son association aisée avec l’ensemble des couleurs du cercle chromatique, elle est une nuance de choix pour habiller les objets avec élégance. Résolument sobre, l’application de blanc est source de raffinement et de légèreté et viendra appuyer la présence d’éléments colorés. La présence de reflets de couleurs chaudes aura tendance à rendre votre blanc chaud également.
Un fond de couleur blanc fait ressortir les objets colorés.
La couleur blanche dans la nature. la lumière, la neige, les animaux, le marbre, le calcaire, les fleurs, les nuages, l’écume de la mer, les fleurs.
Du blanc à perte de vue… Des cimes montagneuses aux déserts congelés des banquises, de nombreuses zones géographiques de notre monde sont recouvertes par la neige. Ce manteau lisse dont la nature se pare est assurément un spectacle à couper le souffle. Un spectacle auquel la faune prend part elle aussi, si l’on sait l’observer : ours polaires, chouettes Harfangs et autres renards arctiques, l’hermine, se fondent à merveille dans ces vastes étendues monochromes. Inspirez-vous de la nature et de ses nombreuses teintes blanches afin de créer des visuels polaires.
Les nuances de BLANC
Dans d’autres aires géographiques plus chaudes, la couleur blanche orne les pétales des marguerites, des lys ou des fleurs de cerisier. S’il semble relativement diffus dans la nature, le blanc est cependant rarement présent dans sa forme « pure ». Il intègre très souvent d’autres teintes dans des quantités minimes au moins, le rendant blanc cassé, beige, blanc argile, blanc bleuté, ivoire, lait… Il s’agit plus souvent de nuances de blanc que d’un blanc total. Les blancs mats par exemple sont très présents dans les environnements rocheux, les minéraux étant souvent composés de teintes réparties entre le gris, le jaune et le bleu. Le blanc peut même parfois se mêler à la transparence pour offrir des minéraux translucides comme le cristal. En design graphique, explorez les différentes formes du blanc afin de créer des visuels texturés. le marbre
Arme blanche, carte blanche, nuit blanche… Ces expressions formées à partir du mot « blanc »
L’arme, la carte, la nuit… Le blanc s’associe à de nombreux noms communs pour former quelques-unes des expressions préférées des Français. Lire Magazine littéraire en a sélectionné dix pour vous en expliquer les origines .!
1. Une arme blanche
Ce que l’expression signifie : Une arme munie d’une lame (par opposition à une arme à feu).
Contrairement à celle qui emploie la force d’une explosion (pistolet, fusil, canon…), l’arme blanche, qui emploie celle de l’homme, est munie d’une lame et est perforante ou bien tranchante. Et c’est cette lame qui lui donne sa dénomination. On pourrait croire que c’est parce que, avec une telle arme, on peut saigner à blanc celui qui aura la chance d’en vérifier sur lui l’efficacité.
Mais c’est la combinaison de deux choses qui fait qu’on désigne ainsi ce type d’arme depuis la fin du XVIIe siècle. La première vient du sens de blanc qui, en ancien français au XIe siècle, signifiait « brillant » ou « luisant », ce qui est bien le cas d’une belle lame bien entretenue. La seconde vient du fait que la lame est fabriquée avec un acier blanc et non en bronze ou dans un métal doré. D’ailleurs, dans l’évolution de l’histoire du roi Arthur, Excalibur, sa fameuse épée, se serait auparavant appelée Caliburn (« acier blanc »), nom venant lui-même de chalybus (« acier ») et eburnus (« blanc »).
2. Blanchir de l’argent
Ce que l’expression signifie : Donner à de l’argent malhonnêtement acquis une existence légale en dissimulant les traces de son origine.
Depuis le début du XIIe siècle, blanchir signifie « rendre blanc ». Au figuré et au XIXe siècle, le verbe signifie également « purifier », le blanc éclatant étant aussi un symbole de pureté.
Une origine répandue dit que cette expression vient de l’époque d’Al Capone qui blanchissait son argent via la chaîne de blanchisseries « Sanitary Cleaning Shops » dont il serait devenu propriétaire en 1928 dans ce seul but. Certes, mais la version anglaise to launder (the) money (blanchisserie se dit laundry en anglais) est attestée pour la première fois en 1975 dans le journal anglais The Guardian, à propos de mouvements de fonds étranges d’un comité de réélection de Richard Nixon au moment du scandale du WaterGate, soit bien après le décès d’Al Capone en 1947, et après l’apparition de la version française vers 1960. Autant dire que cette hypothèse n’est probablement qu’une légende.
3. De but en blanc
Ce que l’expression signifie : Brusquement, sans détour.
Cette expression date du XVIIe siècle. Elle est d’origine militaire. Elle a remplacé la locution de pointe en blanc où pointe désigne l’endroit duquel on pointe ou on vise, dans le cas d’une arme à feu.
Le blanc, c’est tout simplement la cible, dans le cas d’un entraînement au tir. Le but est ici une déformation de butte venue de la butte de tir, point d’où on tire (encore utilisé de nos jours par les archers). Ce but ne désigne donc pas ici la cible ou le but à atteindre, comme on pourrait le croire, mais le point de départ d’un tir de courte portée, en ligne directe, duquel on tire rapidement, sans visée longuement préparée, ce qui explique la notion de brusquerie.
À opposer au tir à distance qui nécessitait des mesures et un réglage particulier pour faire décrire une courbe en hauteur au projectile, le tout prenant un temps certain et ne pouvant donc être une action brusque.
Cette expression s’utilise maintenant dans n’importe quel contexte.
4. Donner carte blanche
Ce que l’expression signifie : Laisser la libre initiative – Donner les pleins pouvoirs pour accomplir une tâche.
Il faut voir cette carte blanche, attestée avec cette signification depuis 1451, comme une feuille sur laquelle toutes les consignes de la mission sont clairement écrites. Et comme elle est désespérément blanche, c’est une indication qu’on peut faire ce que l’on veut, utiliser tous les moyens, y compris, si le contexte et l’humeur s’y prêtent, les plus cruels, retors ou illégaux.
Dans un contexte de guerre, cette carte blanche a aussi été utilisée dans d’autres expressions. Ainsi, mander la carte blanche, c’était « se mettre à la merci du vainqueur, se rendre sans conditions », alors que donner la carte blanche à quelqu’un, c’était au XVIIe siècle, « lui laisser dicter ses conditions ». Dans les deux cas, on retrouve cette notion de pleins pouvoirs laissés à l’autre.
5. Se faire des cheveux (blancs) /de la mousse
Ce que l’expression signifie : S’inquiéter, se faire du souci.
La première forme date de la seconde moitié du XIXe siècle, la seconde du début du XXe. Bien entendu, les deux sont à rapprocher de se faire du mouron. Pour ce qui est des cheveux, le point de départ est simple : on a pu constater chez certaines personnes qui avaient subi un choc émotionnel important que leurs cheveux avaient viré au blanc très rapidement.
Il n’en a pas fallu plus pour que ce phénomène remarquable et remarqué donne naissance à se faire des cheveux blancs, généralement raccourci en se faire des cheveux, comme une métaphore symbolisant parfaitement les soucis ou l’inquiétude.
Venons-en maintenant à la mousse. Si vous vous êtes déjà promené dans les bois, vous avez pu constater, sur certaines pierres, un beau dépôt vert, d’apparence frisée et touffue, quoiqu’assez ras : de la mousse ; celle qu’on peut, avec beaucoup d’imagination, assimiler à une touffe de cheveux posée sur le crâne poli du gros caillou. C’est simplement ce qu’ont fait ceux qui ont adapté se faire des cheveux en se faire de la mousse.
6. Cousu de fil blanc
Ce que l’expression signifie : Très grossier et visible (pour un procédé). Extrêmement prévisible (pour une histoire).
Cette expression vient du fait que toute couturière qui se respecte sait parfaitement que, pour qu’une couture soit la plus discrète possible, il faut qu’elle soit faite avec un fil exactement de la même couleur que le tissu ; sinon, elle se voit comme le nez au milieu de la figure, ce qui n’est généralement pas l’effet voulu (sauf sur certains types de vêtements comme les jeans, par exemple).
La métaphore est donc facile à comprendre. Le fil blanc rejoint ici les grosses ficelles qui, par rapport aux procédés, ont la même signification.
Cette expression est attestée depuis la fin du XVIe siècle.
7. Être connu comme le loup blanc
Ce que l’expression signifie : Être très connu.
Dans nos contrées, le loup avait habituellement un pelage foncé et quand il rôdait aux alentours d’un village, ses habitants en étaient très vite informés. Alors on imagine bien que, si jamais un loup blanc (albinos ou au pelage très clair) se montrait, l’information circulait très vite, frappant les imaginations en raison de la rareté et donc du côté prodigieux de la présence de l’animal. Le Dictionnaire de Trévoux, au XVIIIe siècle, cite l’expression connu comme le loup, montrant ainsi que, quelle que soit la couleur du canidé, si un seul était présent aux alentours, cela se savait très vite.
On a eu aussi connu comme le loup gris. Puis le blanc a remplacé le gris, pour désigner un animal encore plus prodigieux.
8. Une nuit blanche
Ce que l’expression signifie : Une nuit sans sommeil.
Il n’existe aucune certitude quant à l’origine de cette expression qui date du XVIIIe siècle.
On en trouve une attestation en date du 30 octobre 1771 dans une lettre de la marquise du Deffand, Marie de Vichy-Chamrond et certains auteurs émettent l’hypothèse que c’est elle qui a inventé ce terme.
Voici une autre proposition, la moins originale mais probablement la plus véridique.
Dans notre langue, le qualificatif blanc indique très souvent un manque (voix blanche, tir à blanc, mariage blanc, etc.) et il est assez facile d’imaginer qu’une nuit blanche est simplement une nuit sans sommeil.
Une autre hypothèse nous vient de Saint-Pétersbourg, en Russie, à l’époque du règne d’Élisabeth, puis de Catherine II. Dans ces années-là, la vie « nocturne » battait son plein. Il se peut donc tout à fait que le terme russe « белые ночи » (nuits blanches) ait été rapporté et popularisé chez nous par les Français qui passaient du bon temps là-bas.
9. Manger son pain blanc en / le premier
Ce que l’expression signifie : Passer d’un état heureux à un autre qui ne l’est pas.
Cette expression est attestée en 1515 à une époque où, pour le peuple, le pain ne disposait pas de la farine blanche et débarrassée de ses impuretés comme celle d’aujourd’hui.
Mais, lorsqu’il pouvait avoir accès à une farine plus propre et fine, celle généralement réservée à la haute société, il ne se privait pas de faire du pain plus clair que d’ordinaire, du pain « blanc » à la qualité et au goût supérieurs. Du coup, les gens avaient alors tendance à le manger en premier, faiblesse bien compréhensible, se condamnant à partager le moins bon plus tard.
Cette ancienne métaphore s’est généralisée à toutes occasions où on a commencé par faire les choses agréables (« manger le pain blanc ») sans toujours savoir qu’on devrait ensuite subir des désagréments divers (« le pain noir » qu’on a aussi appelé « le pain noir de l’adversité »).
10. Montrer patte blanche
Ce que l’expression signifie : Donner un signe de reconnaissance, une autorisation pour pouvoir entrer dans un lieu ou participer à une assemblée.
Il paraît que le mot patte vient de l’illyrien, groupe de langues parlées par un peuple qui vivait à l’Antiquité dans une zone située entre la côte dalmate (en Croatie actuelle) et les régions côtières de l’Albanie.
Cela dit, c’est Jean de La Fontaine qui a popularisé cette expression dans sa fable Le loup, la Chèvre et le Chevreau dans laquelle la patte blanche est celle que le chevreau, laissé seul à la maison par sa mère, demande au visiteur (le loup) de montrer s’il veut se faire ouvrir. Celui-ci, avec ses pattes noires ou grises, s’en trouve fort marri car, du coup, il ne peut croquer le chevreau.

